L’Ethiopie, pour ceux qui ne le savent pas, est le seul pays en Afrique à ne pas avoir été colonisé. Un capital inépuisable de fierté qui fait marcher les éthiopiens la tète haute malgré le poids de la misère qui les incite à se courber. Même Hollywood ne lésine pas sur les éloges pour rappeler au monde leur étiquette de noblesse à travers l’histoire. Dans Les 10 Commandement, ils (les éthiopiens) ont entretenu de bons et loyaux rapports commerciaux avec Moise. Dans le film Spartacus, le gladiateur éthiopien, vainqueur de Spartacus, par un acte de bravoure inouï, avait sacrifié sa vie pour sauver celle de son adversaire d’infortune : Pendant que Spartacus était au sol sous la lance sordide de l’éthiopien, la foule criait au vainqueur éthiopien de l’achever, conformément à la règle du combat. L’Ethiopien, après un instant d’hésitation, sous l’effet combiné de rage et de révolte, lança son arme, de toutes ses forces sur un spectateur de l’élite romaine et le tua sur le coup. L’Ethiopien paya cet acte de sa vie et, sa mort, depuis, ne cesse de contribuer à alimenter à nos jours et pour toujours le mythe de la bravoure éthiopienne. Dans la mythologie grecque, Cassiopée, femme de Céphée, roi d’Éthiopie, eut un jour la vanité de se croire plus belle que les néréides. Ces nymphes sensibles, piquées au vif par une telle prétention, supplièrent Poséidon de les venger d’un affront aussi colossal ; le dieu permit que d’épouvantables ravages fussent exercés par un monstre marin sur les côtes de Syrie. Pour conjurer le fléau, Céphée enchaîna sa fille Andromède sur un rocher, et l’offrit en sacrifice au terrible monstre. Persée touché de tant de malheurs, enfourcha au plus vite le cheval Pégase, modèle des coursiers, pris en main la tête de Méduse qui glaçait d’effroi, et partit pour le rocher fatal. Il arriva naturellement tout juste au moment où le monstre allait dévorer sa proie ; aussi n’eut-il rien de plus empressé que de pétrifier le monstre en question en lui présentant la tête hideuse de Méduse, et de délivrer Andromède évanouie, qu’il épousa par la suite. En commémoration de ces exploits, et pour ne pas faire de privilège, toute la famille fut installée au ciel.
En Jamaïque était née, au début du 20eme siècle, dans les ghettos de la pauvreté, la religion noire en hommage à Rasta Fari devenu Halie Sélassié, empereur d’Ethiopie. Elle sera connue sous le nom de Rastafarianism ou Back to Africa Movement (le Mouvement pour le retour en Afrique) . Cette religion considère Halie Sélassié, l’empereur d’Ethiopie qui a régné de 1930 jusqu’à sa mort en 1974 comme le Messie Noir qui est apparu en chair et en os pour délivrer les noirs de l’oppression des blancs et que l’Ethiopie est la Terre Promise des noirs. Halie Sélassié se considère comme direct descendant du roi David et le 225eme chef d’une lignée ininterrompue de rois éthiopiens dont le départ remonte aux temps du roi Salomon et de la reine de Sabah. Cette religion a été reprise par l’élite noire américaine dans le légendaire Cotton Club du quartier de Harlem durant la belle époque du Jazz Age qui désignait la décennie prospère des années 20 connues aussi sous le nom des Roaring Twenties. Ce club nommé après la plante du coton de triste mémoire pour les noirs qui en font le symbole de l’esclavage était fréquenté par l’intelligentsia noire parmi lesquels Duke Eddington, Ella Fiedgerald, Louis Armstong, Cab Calloway, Bessie Smith ....Le but était la recherche d’une identité noire débarrassée des critères de standardisation et de jugement imposés aux américains par l’Amérique blanche.
Mais les éthiopiens se considèrent-ils réellement comme noirs ? La réponse est tout-à-fait non.
Aussi faramineuse que la famine puisse paraitre, un mythe religieux éthiopien considère la race éthiopienne comme ni blanche ni noire mais bien cuite dans le four de la création, à la convenance du seigneur.
Au commencement, disait le mythe, quand le seigneur a conçu le design final de l’homme ,il a mis celui-ci dans un four pour cuir. Comme l’imagination éthiopienne n’était pas suffisamment développée pour doter le four du seigneur d’une minuterie, le seigneur, trop occupé à faire autre chose, oublia sa créature dans le four. La créature avait presque grillé. Putain ! Dira le seigneur qui jeta cette créature à l’emporte pièce. Ainsi était né l’homme noir, un être indésiré pour avoir trop cuit. Le bon dieu refait la même chose avec la même pate. Il met sa créature au four et alla faire autre chose. Il revint plus tard vérifier la cuisson de sa créature, mais il s’était rendu compte être revenu trop tôt. Sa créature n’avait pas bien cuit. Re-putain ! redira le seigneur qui prend sa créature et la jette au hasard en direction de quelque part. Ainsi était né l’homme blanc, tout comme l’homme noir, résultat d’une déception pure et simple. Au troisième essai, le bon dieu arrive à temps. Très satisfait de la cuisson, il sort la créature du four, lui jette un sourire de satisfaction et la pose délicatement quelque part en Ethiopie. Ainsi était né l’éthiopien. Un être bien cuit, à la convenance du seigneur. Ni trop noir ni trop blanc. … Aussi faramineuse que la famine puisse paraitre.














