Il y a quelques jours à partir de Tunis, où il assistait à la réunion des ministres arabes de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia déclarait avec force conviction que les capacités de nuisance des groupes armés étaient minimes. Allusion faite au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) qui a fait allégeance à Al- Qaïda en se mettant sous sa bannière et troquant son appellation par celle d’Al-Qaïda Maghreb.
“Nous ne lui prêtons pas plus d’importance qu’il n’en a. Allié d’Al-Qaïda ou pas, c’est un mouvement qui tend à être éradiqué en totalité et ne pose pas de problème en terme de menace importante”, a estimé le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur chargé des Collectivités locales qui représentait l’Algérie au rendez-vous de Tunis. Se voulant rassurant en minimisant le ralliement de l’organisation armée de Hassan Hatab à celle d’Oussama Bel Laden, il a affirmé que toutes les dispositions ont été prises pour contrer les groupes armés. “Ils pourraient décider de s’attaquer à un étranger ou à ce qu’ils considèrent comme étant leur ennemi, mais ce sera un acte isolé et nous avons pris les dispositions nécessaires pour que cela n’arrive pas.” Pourtant, quelques semaines auparavant, fin octobre 2006, des attaques à la voiture piégée avaient ciblé des commissariats de police à Dergana et Reghaïa à Alger. Ils remettent cela en élargissant un peu plus leurs champs d’action. Les attentats aux voitures piégées perpétrés dans la nuit de lundi à mardi dans sept localités des wilayas de Tizou-Ouzou et Boumerdes — fief du GSPC — ciblant les sièges des Sûretés urbaines et des brigades de gendarmerie tranchent singulièrement avec le discours “rassurant” et triomphant de Dahou Ould Kablia. Ces attentats synchronisés n’ont rien d’un acte isolé et sonnent comme une mise au point au discours officiel tout en battant en brèche les certitudes du ministre délégué. Un discours que le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur a rectifié lors d’une récente sortie médiatique. C’était la semaine dernière à l’occasion du lancement de la formation des chefs de daïra à l’Ecole nationale de l’administration. Pour Yazid Zerhouni, le fait que le GSPC change d’appellation n’influe en rien sur ses méthodes. “Ce sont les mêmes hommes, avec les mêmes méthodes et nous continuerons à les combattre de la même façon”, avait-il déclaré. Quelques jours auparavant, il avait estimé à une centaine les hommes armés qui sévissaient dans la région de Kabylie, où plusieurs faux barrages et attentats contre les services de sécurité ont eu lieu.
Saïda Azzouz | Le Soir d’Algérie







