Dix-huit harraga, âgés de 21 à 37 ans, ont échappé à une mort certaine après avoir dérivé quatre jours durant en mer méditerranée, a indiqué Abdelaziz Zaïdi, chef de la station maritime principale des gardes-côtes de Annaba. Ayant embarqué mercredi dernier à partir de la plage d’El-Battah, dans la wilaya d’El-Tarf, à bord d’une barque traditionnelle avec un moteur Suzuki d’une puissance de 40 chevaux, les 18 malheureux candidats à l’émigration clandestine ont été sauvés in extremis par les éléments des gardes-côtes de Annaba.
Ce sauvetage a été possible grâce à l’intervention du père de l’un des harraga qui a pris attache avec les gardes-côtes pour les informer de cette mésaventure. Prenant les mesures nécessaires en pareil cas, les éléments des gardes-côtes ont pris contact, toujours à l’aide d’un portable, avec les naufragés qui n’ont pu indiquer avec précision leur position, en raison d’un brouillard intense. Après dissipation de ce dernier, les 18 infortunés croyaient être au large des Deux Frères (deux immenses rochers émergents situés entre Aïn Barbar et Séraïdi). Persévérant des heures durant, dans sa tentative, M. Zaïdi a pu localiser l’endroit exact où se trouvait l’embarcation des harraga. Leur embarcation en panne, ces derniers dérivaient à environ une vingtaine de kilomètres au large de cette position. Ramenés en fin de soirée de dimanche à bon port par les éléments des gardes-côtes de Annaba, qui ont utilisé de grands moyens pour cette opération, les dixhuit jeunes infortunés ont fait l’objet d’une visite médicale, avant d’être auditionnés par les éléments de la station maritime principale. Selon eux, ils ont échoué dans leur tentative en raison d’une brusque tempête, alors qu’ils étaient à moins de 40 km des côtes de la Sardaigne. Devant l’impossibilité d’atteindre leur objectif, ils ont décidé de regagner les côtes algériennes. Ils ont, par ailleurs, précisé avoir embarqué, à toute fin utile, 21 jerricans de carburant. « C’est ce qui nous a sauvés », estiment-ils. Pour cette infructueuse traversée à grand risque, le passeur leur a réclamé entre 3 et 7 millions de centimes chacun, ont-ils déclaré aux enquêteurs de la station maritime. Présentés hier lundi au parquet de Annaba, les 18 jeunes ont fait l’objet d’une citation directe pour le 8 juin prochain. Pour rappel, les nouvelles dispositions de la loi criminalisant l’émigration clandestine, stipulent : « Est puni de 2 à 6 mois de prison et d’une amende de 20 à 60 000 DA, ou de l’une de ces deux peines, tout Algérien ou étranger résident qui quitte le territoire national d’une façon illicite (...). La même peine est applicable à toute personne qui quitte le territoire national en empruntant des lieux de passage autres que les postes frontaliers. »
A. Bouacha | Le Soir d’Algérie










